Les tribulations de Mlle Rosa-Lisa – ses coups de cœur – ses coups de gueule –

Mlle Rosa-Lisa propose une note d’humeur brève d’une dizaine de lignes : c’est un regard personnel, très personnel, totalement personnel, uniquement personnel, décalé et critique sur un fait en lien avec le cancer du sein et/ou l’actualité.

Mlle Rosa-Lisa prend parti et ne s’interdit rien – pas même la mauvaise foi. Ses écrits ne sauraient donc engager d’autre personne qu’elle-même.

Cette note d’humeur est une tribune pour déployer ses coups de cœur en matière de livre, film, article ou autre. C’est aussi le lieu de l’indignation et donc de ses coups de gueule. Pour autant,Mlle Rosa-Lisa est « bien élevée » et ne saurait verser dans les injures ou la diffamation.

Il s’agit d’énoncer, de dénoncer, d’étonner, de surprendre afin que le lecteur puisse s’identifier, se reconnaître, acquiescer ou au contraire s’insurger.

8 – LIBIDO

Lire que la libido serait un facteur de longévité naturel et une source de d’épanouissement et de bien-être a quelque chose d’infiniment jubilatoire. Des chercheurs écossais affirment même que faire l’amour (au moins !) 3 fois par semaine permettrait d’allonger la durée de vie de 10 ans et réduirait le risque de cancer de la prostate et de celui du sein. Wouahhhh ! A nous les folles nuits et les 5 à 7 coquins ! MAIS c’est sans compter les effets secondaires liés à la prise quotidienne de l’anti-hormonothérapie dont la diminution du désir… Alors comment faire ? En parler (à l’oncologue, la gynécologue, au médecin…) afin d’être écoutée, entendue et aidée. Parce qu’il y a des solutions : phytothérapie, méditation en pleine conscience, « sexercices », aromathérapie, yoga et j’en oublie. Pas de doute : l’une d’entre elles est pour nous pour ne pas mettre en sourdine notre vie sexuelle. Jamais.

Mlle Rosa-Lisa – attentive à la qualité de vie des femmes.

7 – CANCER PRIDE

Le 13 avril 2019 restera une date incontournable pour qui veut briser les tabous liés au cancer. A l’origine de la CANCER PRIDE ?  Une toute jeune femme à jamais marquée par la perte de sa meilleure amie – Fleur-Anne – emportée par cette putain (oups) de maladie qu’est le cancer et qui a l’outrecuidance de s’en prendre aussi aux jeunes filles en fleur. L’activisme de ces jeunes me plait infiniment tant il faut prendre son bâton de pèlerin pour faire bouger les lignes, progresser la prévention, reculer la stigmatisation et entendre la voix des patients. Quelle énergie ! Ce n’est pas moins de 50 organisations partenaires qui ont répondu à l’invitation de Karine LH : une marche citoyenne fleurie, des stands organisés en thématiques et une scène artistique sur laquelle se sont succédé des artistes. Et si on y allait ensemble l’année prochaine ? Chiche ! (comme le nom de la photographe officielle de cette manifestation dont je regrette juste le nom).

Mlle Rosa-Lisa – Militante dans l’âme quand il s’agit de défendre la cause des Patients.

6 – MALIGNE de Noémie Caillault, mise en scène par Morgan Perez – le spectacle

C’est au début de l’année 2017 que je découvre Noémie Caillault sur la scène de la Pépinière à Paris dans « Maligne » (comme la petite boule de 6cm que le radiologue a découvert dans son sein). C’est de NOUS, c’est de MOI dont elle parle : c’est vertigneux. Son récit – qui est donc celui du cancer du sein de l’annonce à la rémission en passant par les traitements et sa kyrielle d’effets (et de bénéfices) secondaires – est auto-biographique. Pas de doute : c’est du vécu ! Je suis suffisamment près d’elle pour croiser son regard et je sens, je sais qu’elle sait. Je pleure (beaucoup), je ris (un peu), j’ai peur (avec elle) mais toujours à contre-courant des autres spectateurs. Leurs éclats de rire me bousculent, leurs silences m’effraient … Je suis indéniablement différente. Parce que comme le dit Noémie (qu’elle me pardonne cette familiarité) : « Le cancer, ce n’est pas une blague ». Jamais.

Mlle Rosa-Lisa – Théâtreuse dans le cœur.

5 – MALIGNE de Noémie Caillault – le livre

Noémie Caillault a 27 ans, une passion pour la scène, un job « alimentaire » d’ouvreuse dans un théâtre parisien, des amis, un sourire éclatant, la vie devant elle ET un cancer du sein.  Ce « putain » de cancer (oups !), elle va en faire d’abord un livre (puis un one-woman show) au cours duquel elle déplie ses peurs, ses angoisses mais aussi celles de ses proches qui collectionnent les maladresses. « Oh mais ça te va bien d’être chauve ! Alors ça, c’est ce qu’on appelle une phrase à la con ! ».  C’est à la fois avec beaucoup de franchise et de pudeur qu’elle livre ses états d’âme sous forme de dialogues avec Max sa petite voix intérieure. Le sujet est de fait grave, le ton est certes léger mais le témoignage est d’une justesse troublante pour toutes celles qui ont approché de près, de très près, de trop près cette pathologie si particulière qu’est le cancer du sein. Ce petit livre d’une centaine de pages est comme un miroir dans lequel il fait bon se reconnaître.

Mlle Rosa-Lisa – Lectrice assidue à ses heures gagnées.

4 – MA MERE, LE CRABE ET MOI de Yann Samuel d’après le livre d’Anne Percin

Tania, 15 ans, pense que sa mère a un amant ! Pas du tout : c’est un cancer du sein ! La charge émotionnelle serait-elle donc la même ?!? J’avais beaucoup aimé Emilie Dequenne en coiffeuse pimpante et amoureuse d’un professeur de philo parisien et prétentieux (Pas son genre de Lucas Belvaux), elle est épatante dans ce téléfilm qui traite des relations entre une mère et son adolescente de fille sur fond de cancer du sein. Mais pas que. Annoncer un cancer du sein à son entourage n’est pas chose facile et il m’est arrivé de consoler mon interlocuteur comme le fait Cathy face à sa chef et amie, parce que « quand tu dis le mot CANCER, les gens imaginent le pire ». Les effets secondaires des traitements sont sobrement abordés et cela confère à ce téléfilm un aspect documentaire intéressant au-delà des bons sentiments.

Mlle Rosa-Lisa- Cinéphile parfois en quête de réconfort dans les salles de cinéma.

3 – ALOPECIE bis/ C’EST PAS GRAVE, LES CHEVEUX CA REPOUSSE !

Il ne fait pas de doute que cette sentence est verbalisée pour nous rassurer, nous consoler, nous cajoler NOUS les femmes qui avons à la fois le sein de guingois et plus un poil sur le caillou (et pas que !). Assez vite, cette phrase a eu raison de mon sourire, de ma bonne-humeur et de ma bienveillance à l’égard de ceux justement qui se pensaient bienveillants avec moi. Ces quelques mots me donnaient envie de hurler ou de mordre mon interlocuteur (ou les deux à la fois parfois). Mais comme je suis bien une fille bien élevée et pourvue de la fonction exécutive que l’on nomme l’inhibition, je me contentais le plus souvent de détourner le regard. Mais à vous je sais que je peux le dire : pour moi c’est grave de perdre mes cheveux.

Mlle Rosa-Lisa – femme femme avec ou sans cheveux.

2 – ALOPECIE 

Nom féminin dont on devrait l’étymologie au renard – qui perd ses poils d’hiver une fois l’an au début du printemps. Jamais vu pour ma part un renard chauve ! C’est sans doute que son alopécie – au renard – doit être transitoire et reversible. La nôtre aussi certes mais elle dure de fait trop longtemps. Impossible de témoigner de cette perte capillaire, de sa violence et de ses répercussions sans avoir la larme à l’œil pour ma part. Et si nous militions, nous les femmes, pour que la recherche s’intéresse enfin à cet effet secondaire qui nous fait porter perruques, foulards, chapeaux et autres postiches. Montrer ou pas notre tête nue est un choix personnel qui ne se discute pas et qui n’a pas de lien avec le fait d’assumer ou pas cette pathologie si particulière qu’est le cancer du sein.

Mlle Rosa-Lisa – Militante dans l’âme quand il s’agit de défendre la cause des femmes.

1 – LA TRESSE de Laetitia Colombani

L’auteur confie que c’est parce qu’elle a accompagné sa meilleure amie pour choisir une perruque, qu’elle a eu l’idée et l’envie d’écrire ce livre. Je vous laisse imaginer pourquoi l’amie en question avait été victime, d’un coup d’un seul, d’alopécie (nom savant pour dire la perte des cheveux). Ça a quelque chose d’étrangement banal vous avouerez et cela ne manquera pas de rappeler de drôles de souvenirs à plusieurs d’entre nous. C’est pourquoi il est un peu question de nous dans ce livre choral qui raconte le destin de 3 femmes, sur 3 continents.  Ce premier roman fait la part belle aux femmes. Chacune d’entre elle a une rage de vivre, une pulsion de vie qui les galvanisent pour influer sur leur vie et justement leurs vies s’entremêlent telles les 3 brins d’une tresse.Mlle Rosa-Lisa – Lectrice assidue à ses heures gagnées.